Née et élevée en Corse, Carole est une maquilleuse autodidacte. La lumière, la lueur et les couleurs sont des souvenirs de son «Island of Beauty» qu'elle aimerait porter sur le visage des femmes tous les jours.

Elle déménage à Paris à 21 ans. Quelques mois plus tard, elle commence une collaboration avec le magazine Encens et est rapidement devenue une contributrice régulière.

Depuis, elle travaille avec des magazines comme Harper's Bazar, CR Fashion Book, Numéro, Numéro Japan, W, ELLE, Vogue Hommes, Glamour US, Vogue Nederlands, Vogue Japan, Vogue Spain, Mixte et Stylist France. Mais également des célébrité comme Léa Seydoux, Carine Roitfeld, Victoire de Castillane  Clémence Poesy, Eva Herzigova, Sofia Coppola, Mia Wachowski et Alice Englert.

Au cours des dernières années, elle s'accommode aussi des défilés (Hermès, Christophe Lemaire, Y / Project, Diesel Black Gold, Reem Acra, Alexis Mabille, Damir Doma), sous la pression des coulisses.

Elle a été Makeup Artist France pour Maybelline NY (consultant en presse, numérique et marketing) pendant 3 ans. 

Elle partage aujourd'hui des conseils, de l'expertise et des moments en coucou sur sa chaîne Youtube depuis février 2017 ... 

Te souviens-tu de la première fois où tu t’es maquillé ?

Pour un gala de danse classique, j’en ai fait dès 5 ans et les premiers vrai souvenir makeup beauté sont la laque qui t’arrache la tête, qui te font un lifting et le liner noir charbon où les mamans nous faisait l’œil étiré de la danseuse Black Swan. Concrètement mon premier souvenir maquillage, c'est ca. Beaucoup de gens ont été étonnés quand j'ai annoncé vouloir être maquilleuse, je n’étais pas quelqu'un qui maquillais ses copines, d’ailleurs, je ne me maquille jamais. J'ai le souvenir des filles de ma classe tresser les cheveux des maîtresses, j’étais énormément dans l’observation de la femme, or, je touche mon premier pinceau à 18 ans.

Comment est-ce que ça à façonné ton approche de la beauté ?
C'est arrivé par la volonté de faire partie des gens qui font une image. Ce qui me fascinait tant lorsque j’étais en Corse, comment voir un magazine qui projette une image et te fait voyager. Pas juste de manière esthétique, mais aussi psychologiquement, en contribuant à cette équipe qui construisait l’image. J’ai commencé à regarder les crédits sur les magazines : le nom du photographe, du stylisme, etc. Je réfléchissais dans mon coin, comment ça fonctionnait et comment tout cela était créé. Au départ, c'était la photographie, une petite période qui ne va pas durer longtemps. Vers la cinquième, on m’offre un appareil photo, puis j'ai ressenti beaucoup trop de pression, grandissant dans les top models des années 90. Le côté hyper starification du photographe ne m’intéressait pas ! Je voulais faire partie des petites mains derrière et cette sensation d'être indispensable à l'image, mais de ne pas être sur le devant de la scène.

Tu es née en Corse. Culturellement, qu’est-ce que la beauté sur l’île et quelles y sont les critères de beauté ?
La Corse a principalement influencé dans ma vision de la beauté ma sensibilité à la lumière. Une lumière dorée à peu près 365 jours dans l'année, je vais plutôt commencer par les côtés négatifs. L’uniformité, Île-Rousse et ses 4 000 habitants, je vous laisse faire le compte. À mon époque, la frange, un jean Le Temps des Cerises, le cheveux long et lisse, brun de préférence suivi d'un œil marqué. Un peu de drame dans le visage, la femme corse est consciente d’elle-même, une personnalité qui se surveille avec les bons et les mauvais côtés. Ma mère était quelqu'un qui ne se maquillait pas du tout, qui n’achetait jamais de magazine. C'était même elle, je pense, par rébellion m'a donné envie de faire ça. J'achetais déjà avec mes sous les premiers OK Podium, Jalouse et Jeune et Jolie. J’en profitais pour lui acheter des magazines Elle, en mode « je vais la convertir ». Ma grand-mère fut très coquette, mais je ne la voyais pas beaucoup résidant sur le continent. Donc je pense que c'est un peu tout ce contraste et tout se mélange qui fait de cette femme une femme digne et forte de caractère.

Comment inviterais-tu à développer son style personnel ?
Apprendre à se connaître, je pense que c'est vraiment le point majeur de tout un peu dans la vie. Apprendre à se connaître, de manière physique et de manière psychologique, ce dont on a envie. C’est une tâche méga dur à faire en fait ! Ce que tu as envie dans la vie, respecter ses impulsions, respecter ses désirs primaires, aussi bien en tant que looks, de ne pas avoir peur. Souvent, les femmes ont peur d'essayer quelque chose de nouveau, d'être regardé. Casser la peur, une sensation de liberté de porter ou de ne pas porter le maquillage ce jour-là et se sentir libre de porter exactement le look dont tu as envie, que tu n'as jamais essayé. Se sentir libre, forte ou même fragile si tu en as envie !

Tu as fait un BTS Esthétique, puis tu as choisi de ne pas passer par une école, et de te lancer en autodidacte. Comment t’es-tu introduite dans ce milieu de Makeup Artist ?

Grandissant en Corse, j’ai eu la chance d'entendre la fameuse phrase que chaque Corse à entendu au moins une fois dans sa vie : on a un cousin qui connaît un tel, qui connaît, qui connaît, qui connaît. Donc lorsque j'étais ado vers 14-15 ans, se construisait en moi l'envie de faire ce métier et en même temps, j'ai su que j'avais la copine d’un cousin germain de mon père qui était maquilleuse-coiffeuse à Paris. Dans ma tête, c’était juste écrit en gros : OK, c'est possible ! Sachant que je viens d'une famille simple, ou du moins dépourvu d’artiste. Ca a été cette porte qui s'est ouverte très loin de moi, mais connecté à ma famille, ce qui m'a donné le courage de me projeter là-dedans et de se dire : c’est possible. De là, je vais voir un conseiller d’orientation expliquant que je voulais faire ce métier, sauf qu’absolument personne a su me diriger. Personne ne savait comment faire ce métier, puis grâce à Internet, j'ai vite compris que tout se passait sur Paris. Je trouve un BTS, où je repère une demande d’un stage, me disant déjà qu’au moment des recherches, j'appellerais ma cousine. Après une première année de biochimie à Corte, où j'ai attendu mon amoureux, avec qui je suis maintenant marié. Seconde année, direction Montpellier pour l'intégration de mon BTS. C'est ainsi que j'appelle ma fameuse cousine en janvier en lui disant « On ne se connaît pas, mais tu es la cousine machin.. J’ai un stage au mois de juin à faire est-ce que je pourrais venir ? J'ai de quoi me loger », évidemment, elle m'a dit oui et c'est vraiment elle pour le coup qui m'a montré ce que c’était et qui m’y à fait accéder, en m’ouvrant cette porte. Rien que de mettre les pieds sur un shooting est hyper privilégiée, c'est tellement un monde petit. C'est-à-dire que maintenant via Instagram et autres nous avons beaucoup plus accès au Backstage, mais il y a de ça 20 ans, tu tapais sur un moteur de recherche comment devenir maquilleuse professionnelle, tu te retrouvais avec un peu de cinéma à la limite. La mode est un milieu hyper fermé, présentant aucune information officielle sur le mode, d'ailleurs, il n’y en a pas beaucoup non plus maintenant ! Beaucoup de paillettes dans le sens OK, je fais ça, mais comment y accéder ? Qui est qui sur un shooting, qui est le bosse, le photographe, comment travaillent ses assistants, la hiérarchie d'un shooting tout simplement, les habitudes, les manières de parler, la vie de ce petit monde en fait, et si tu n'as pas la chance d'avoir une porte un peu ouverte pour que tu puisses au moins t’asseoir et observer ce n'est pas quelque chose que tu peux apprendre autrement.

Donc, de là, tu bosses avec cette cousine pour le stage, et puis ?

Je pars à Montpellier pour mon BTS, une fois en poche, on déménage sur Paris en septembre. J'étais en fusion avec les shooting, j'ai vite un peu compris comment ça marchait et quand je regardais les prospectus des écoles de makeup, je ne retrouvais pas du tout ce que moi j’avais vu en shoot. N'étant pas indispensable, et tant qu'à faire pour 6 000 euros, j'appelle ma cousine, et admettons que je perde un SMIC par mois, je lui propose de faire six mois avec elle gratuitement. Tous ca est arrivés, sauf qu’au bout d'un mois, il a fallu payer son loyer j'ai donc dégoté un job chez Sephora, c'est ainsi que j’ai de temps en temps travaillé les week-ends, les jours de congé, etc. Est vite arrivé le moment où au bout de neuf mois ma cousine m'a dit « Ecoute, j’ai un très gros job en Asie, j'ai besoin d'une assistante qui parle anglais. Est-ce que tu veux venir avec moi ce mois d’octobre ? Elite model look, le concours » Je réponds oui. Je vois bien que chez Sephora, je ne peux pas développer mon book, faire des tests avec des photographes, etc. Déjà l’esprit en Asie, je donne ma démission, et je l'appelle donc fin août en lui demandant « Alors la Thaïlande, tu as les tickets ? », elle me répond « Ah mais non, c'etait juste une option en fait je n’ai pas été confirmé.. ». Dépitée, je lui demande ce qu’est une option et c’est à ce moment là que j’ai vécu ma première mise dans le concret. Elle m'explique : « Une option, c'est quand les gens veulent travailler avec toi, il te demande si tu es disponible, tu leur donnes un nombre de priorités. Exemple si tu leur donnes ta première option donc en client principal, tu attends que je revienne vers toi pour te confirmer.» Ah d'accord. OK ce n'est pas grave. De la, je vais l'assister sur quelque chose pendant 2-3 mois et en novembre, j'assiste sur un shooting magazine où le styliste a super accroché avec moi. C'était son magazine, shootant toutes les séries, un fou furieux impliqué à 1000 % fou d’image des années 80. Tout ce dont moi, je ne m'étais pas imprégné jusqu'à maintenant, grandissant dans mon côté 90-2000, Carine Roitfeld, les Vogue et les Jalouse. Lui, c'était Serge Lutens, les Vogue Italie, le Bazar et du coup cest vrai qu’il y a eu un espèce de concours de circonstances qui fait que ça va plutôt fusionner et qui m'a demandé de faire tout le reste du magazine avec lui. Me servant de mentor en termes techniques, c'est ainsi lui qui m'a donné sa base artistique me montrant tout son univers que j’absorbais avec mes yeux de 20 ans de moins que lui. Et c'est ça qui marchait, je ne faisais pas de leur réinterprétation. Quand il me disait, je veux un makeup comme ça, moi je n'avais pas de problème d'ego parce que j'étais très jeune et que je me disais pas «Ah mais non, je ne veux pas recopier un truc si ce n'est pas moi qui l'ai fait» Et puis tu sais ça ne se fait pas donc je recopier ce qui se passe dans le magazine sauf qu'en fait comme je le faisais avec mon feeling et ma débrouille, cela rendait différemment. Exemple sur les images qu'il me montrait, je lui disais « Regarde là ci, regarde les poils de duvet, tu as vu là ça fait sec, et là le mascara comme il est collé ». Balayant les détails un peu lourd de ces années-là, je les re transformaient avec mon empreinte des années 2000. C'est ainsi qu'à chaque fois j'avais qu'il faisait quelque chose, il voulait que je sois là pour rencontrer des gens comme Lacoste de Christophe Lemaire, puis passant chez Hermès, me demande de travailler là-bas à 26 ans. Je fais mon premier show à New-York avec Samuel pour shooter le magazine, partant en mode gang ; la photographe, Samuel et moi, nous prenons un appart' pour trois et un billet en eco. On shootait tous ce qu'on reproduisait avec le magazine tous les trois. A l’époque il ne faisait pas de cheveux, moi je tirais une queue de cheval, je faisais un petit chignon, c’était réglé. C'était très fusionnel et j'ai appris énormément de choses en condensé parce que relations hyper intense avec quelqu'un, donc plus efficace. Il m'a fait voir tout son panel, restant vraiment comme une petite famille et du coup je n'étais pas juste là pour un défilé avec un fitting de deux heures et le show. J'étais présente toute la semaine, faisant les castings, aidant avec les tissus, prenant les bouquins qu'il y avait dans les bureaux de presse... J'étais là, en fusion avec le milieu, et c'est vraiment tout ce qui m'a plu. C'est ainsi que j'ai absorbé tout ce que j'ai pu, et c'est comme cela que ça t'amène sur d'autres rencontres.
J'ai développé mon style à travers sa pâte à lui, mon empreinte. Mais c'est aussi compliqué lorsque tu travailles souvent avec une personne de de fusionner, car au final, on avait le même book et mes racines de simplicité, il fallait aussi qu'elles émergent ! Les choses sont un peu venu à moi, j'ai rencontré d'autres personnes, ça c'est ouvert et puis voilà !

Raconte-moi ton aventure chez Maybelline .

Ça été hyper intéressant, j'ai fait trois ans de contrat avec eux, donc en fait, je suis complètement free-lance, je continue les shooting, mon univers de mode, etc. mais à côté de ça j'avais des jours de consulting avec la marque dans la presse c'est-à-dire que j’étais la maquilleuse française, quand les journalistes avaient des questions, sur des produites envies de parler de tendance elles m’appelaient pour faire des interviews. J'étais aussi en interne du marketing sur le choix produit. Tout par des États-Unis, et en France, on n'a pas toutes les références, donc je les guidais. Exemple : « Attends là y a des bouches noirs de partout sur tout les shows. Faites rentrer un rouge à lèvres noir » donc tu peux avoir un peu ce genre d'influence et puis aussi les réseaux sociaux, avec l'émission " T'as pas du gloss ? " sur YouTube, j'ai aussi appris aussi à travers ca.
YouTube pour moi c'était l'inconnu ! Pas du tout mon univers, j'ai trouvé ça intéressant de sortir la tête des studios, parler en direct aux filles parce que pour moi le but d'un magazine, c'est d'inspirer quelqu’un, ne pas forcément l’inspirer à reproduire le look qu'elle va voir, mais lui donner une envie, de lui donner une force, de se faire du bien à elle, d'acheter du maquillage, de mélanger des choses.

Avant ce passage, après le travail avec ce fameux styliste Samuel, j'ai eu mon premier agent assez rapidement, car au bout d'un moment, tu ne peux plus gérer tes dates toute seule, c'est aussi une question de prestige être représenté par un agent, tu as une vitrine. Donc une agence aime mon travail, me représente, puis un jour comme ça arrive souvent dans le métier dans les deux sens, un des maquilleurs de Carine Roitfeld était à New-York, on me propose le job. Je suis allé la maquiller chez elle. Superbe occasion, sauf que j'étais terrifié et en même temps hyper curieuse et vraiment très contente ! C'était pour la préparer pendant la Fashion Week, un défilé et le reste de la soirée. Le makeup s'est bien passé, je rentre chez moi et quelques heures après j'ai encore un coup de fil de mon agent qui veut que je vienne le lendemain disant : « Carine veut que tu reviennes demain » pas de problème, je serai là ! Elle me dit : " J'ai eu beaucoup de compliments hier soir, on m'a dit que j'étais très lumineuse, ça fait toujours du bien de l'entendre. Vous allez me refaire tout ce que vous avez utilisé, m’expliquer, et vous allez me maquiller. C'est ainsi que je l'ai maquillé pendant au moins 2-3 saisons dans la période de Vogue. Elle le quitte, petit break, elle monte son magazine, me rappelle et me demande, me faisant faire la première série du premier numéro avec Sam McKnight aux cheveux, Lara Stone, Saskia, un shoot énorme pour moi qui a pas mal propulser des choses, et ensuite, j'ai bossé sur le numéro deux et un petit peu sur le trois aussi, bossant sur le Bazar également ensemble. On a eu une petite période, où l'on a fait des choses ensemble. J'ai aussi rencontré Mondino. Je suis vraiment tombée sur des gens très fidèles, parce que déjà passer un à deux ans à travailler avec quelqu'un, dans ce milieu, c'est énorme et assez rare, mais j'ai eu de la chance de croiser des gens qui avaient envie de moi entre guillemets pendant encore un bon bout de chemin, donc elle fait partie des rencontres qui ont pas mal changé ma carrière aujourd’hui. Donc, du coup après Maybellin est arrivé et m'a donné une autre facette de ce métier où tu n'es plus juste en studio dans ton cocon. Tu es là, en train de parler à une marque, des personnes qui ne sont pas dans un univers artistique mais de chiffres, de timing. Tu revois un peu ton visionnement de maquilleur, et tu apprends plein de choses. J'ai du maquiller des égéries, dont Jordan Dunn avec qui j'ai vachement accroché , c'était aussi une bonne période.

Aujourd’hui, nouvelle période qui s’ouvre à moi avec la chaîne YouTube. Je savais que ça allait se terminer avec Maybelline et que j'avais vraiment envie de continuer à parler aux filles. Ce qui m'intéressait c'était son côté populaire. Nous avons toutes un produit de la marque, considéré comme numéro un de maquillage en France. Influencer, mais alterner. Ne pas parler qu'à une tranche qui peut se payer un fond de teint à 40, voir même 80 euros. C'est un peu comme HM, mélanger avec du Prada, et ca match.
On enchaîne sur un 2017 hyper chaotique, essayant de prendre un peu les choses comme elles viennent, de me retrouver et de faire le point sur ce que j'ai envie. Mettre en place des nouvelles choses, des nouvelles collaborations avec des marques car c'est un travail que j'adore et qui pour moi est indispensable à mon développement personnel en tant que maquilleuse, la vie d'un contrat hyper intéressant. Je me considère comme quelqu'un de très curieux gardant une certaine fraîcheur.

Quelle est ta journée type ?

En générale, tu as un call time, horaire où tu dois être présente sur le shooting généralement tournant à Paris sur des journées de 9-19h. Tu arrives sur le set, où j’aurais préparé ma valise avec tout mon matos la veille. En général, je réouvre ma valise pour la reconfigurer en fonction du job, ce que je vais faire et tu prends le plus de trucs possibles parce que tu ne sais jamais vraiment ce qu'on va te demander, mais d’un côté, tu ne peux pas non plus ramener ta maison sinon tu as trois assistantes avec chacun deux valises ! Un dilemme du style « Est-ce que je prends ça, mais ça fait trois ans que je n'en suis pas servi », pour qu'une fois arrivée sur le shoot, tu te dises « elle aurait été tellement bien… » . Des choses que tu apprends au fur et à mesure du temps, donc je prépare mon matos la veille, puis je Google tout le monde : le photographe, la styliste, si c'est des gens que je ne connais pas, avec qui je n'ai jamais travaillé, ce qui est souvent le cas évidemment. Je check également les Instagram, et les modèles sur dot com. Souvent, je suis intégré dans le cadre d'une collaboration avec un autre membre avec qui j'ai déjà travaillé, styliste, la marque, où des affinités se sont créer. Début de journée du shoot, l'équipe se réunit pour débriefer : « Sur quel look partons-nous ?» .
Je ne décide pas entièrement comment maquiller le mannequin. Il faut casser cette image du délire artistique du maquilleur « demain, je fais des yeux bleus ». Non, demain, tu arrives sur un shoot qui a besoin d'une image, et c'est ça qui m’intéresse. Qu'est-ce qu'on va donner ? Lors du débriefing, néant pas fait d'école, je ne donnerai pas d'avis technique, mais plus mon sentiment et feeling. Go. Le coiffeur commence, étant souvent très long, puis j’ai modèle entre les mains entre 1h et 1h30. 30 minutes pour un makeup simple. Je suis quelqu'un réputé d’assez rapide apparemment. 1h30 si c'est compliqué, ou bien s'il y a des hésitations. Exemple, à la suite d'un look, on réalise qu’il faut pousser ou estomper, etc. Vient alors le shoot, les tests lumière, les images dans la journée, puis les retouches makeup entre chaque image ou pas selon comment la peaux vie. Sans oublier la grosse retouche après le déjeuner, où je vais vaporiser une brume sur le visage, démaquillant rarement, puis enchaînant sur une belle retouche. Dans notre milieu, on ne peut rien prévoir, ne connaissant pas le rythme de shoot ça se trouve, on a fait deux le matin et 10 après-midi parce que le matin, nous étions bloqués puis ca s'est débloqué, rien de mathématiques rien de prévu. C’est souvent le soir où tu programmes un dîner avec tes potes ! La fille à ce moment-là ça ne marche pas, ou bien, il manquait un truc donc nous avons dû aller chercher l'autre bout Paris. C'est vraiment la beauté de ce métier que j'aime beaucoup qui peut être difficile des fois. Tu sais toujours quand tu arrives, jamais quand tu repars du studio.
Généralement une journée de boulot, parfois deux. Rarement plus d'une semaine avec la même équipe pour le même support. Quand cela arrive, c’est généralement, c'est dans le cadre d'un voyage où tu shootes plusieurs histoires pour le même magazine, un petit côté familial se met en place. J'aime l'instantanéité de ce métier, amenant à une certaine perfection qui peut découler sur des comportements assez hard, ne passant pas par quatre-chemins, étant là pour produire des images, etc. Des fois, il peut y avoir des gens qui parlent mal, exigeant, voir des gens où ça se passe très bien, et dans la bonne humeur. Dans tous les cas, tout le monde est à 100 % pour le shoot, il n'y a pas de place pour la routine où chaque membre a donné le meilleur à ce moment-là.

Valise Hardshell medium, Herschel

Eight hour cream, Elizabeth Arden

Serie one, Apple Watch

Kimono jean, Monki

Bague Double argent, Sur mesure

 

Quel est le meilleur conseil que l'on t'ai donné ?

Ne jamais oublier que l'on est sur un siège éjectable en permanence. Samuel Drira, le premier styliste avec qui je travaillé m'a dit cette phrase, j'avais trouvé ça tellement vrai ! Attention, ce n'est pas dire que tu dois stresser en permanence, que tu veux garder ton job à tout prix, ce n'est pas ça que cela veut dire. C’est comme être sur une moto, avoir la notion d’être assis dessus et admettons que tu as une route à faire, donc tu es prudent. Toujours faire de son mieux. Un peu comme les quatre accords toltèques : ne jamais rien prendre personnellement, faire de sont mieux, je sais plus les autres ! Mais dans tous les cas, être curieux et écouter son instinct.

Ton plus grand défi ?
Je me mets des objectifs, faisant un point chaque année. Et à chaque fois genre je suis hyper contente, car si cela s'arrête maintenant, j'aurais des choses à raconter ! « Spring Summer 2017 d’Hermes, on avait des faucons sur les filles, prenant l'ascenseur entre les deux niveaux ! » . Cette expérience riche, travailler avec des gens inspirant, intéressant… Cela pourrait s'arrêter demain je serais capable de faire un autre métier, mais je serais contente de la route que j’ai faite.

Ton plus grand succès, une joie professionnelle ?

Le défilé Hermès à 26 ans. C’est le moment où j’ai eu le plus de pression de ma vie parce que j'étais très jeune, que personne ne me connaissait. Mon nom commencé un peu à circuler, les gens d’Hermes ont totalement fait confiance à leur designer, qui m’avait intégré. J'ai beaucoup de respect de la part de la team, où je maquillais 50 filles, pour une équipe de 20 dans un tout petit backstage dans la boutique à l’occasion de l’ouverture de Sèvres Babylone. Intense, me concentrant sur la réalisation du maquillage avec mon équipe. Beaucoup de blancs, beaucoup de beige, puis de laqué. Millimétré et stressant jusqu'au bout. Les filles sortent, tout le monde applaudi, je pleure de joie.

Comment vois-tu ton avenir ?

Au jour le jour, dans un monde professionnel qui est en pleine mutation. Personnellement complètement sans méfiance. Beaucoup sont en ce moment dans la frustration, avec la difficulté des réseaux sociaux, de la nouvelle attention sur les influencer, du blase de makeup artist qui se perd entre guillemets, les budgets qui baissent, des personnalités comme Gigi, Bella, catapultant tous les codes mis en place. Toute nouveauté m’excite et me stimule. Ma personnalité à tendance à toujours tirer le côté positif, bien comprendre pourquoi cela se passe. C'est une chose importante, derrière se trouve une société, un développement humain, psychologique, qui fait que cela amène d'autres choses. Un avenir que je vois dans l'adaptation de la culture, de la curiosité, la passion, car c'est ça qui unit la différence et la perdure.
En espérant voyager, voir comment on est perçu à travers les frontières un étranger. Je suis ouverte à toute proposition !

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